Stan en Soutane

Stan m'a tuer

QUAND ON REVIENT ET QUE LES NOUVEAUX TERMINALES S’Y CROIENT DEJA UN PEU TROP

                                      

QUAND ON REVIENT CHERCHER NOS DIPLOMES ET QU’ON ATTEND UN PEU D’ADMIRATION DE NOS PRÉFETS

            

QUAND CETTE CHRONIQUE AURAIT DU FIGURER DANS LE YEARBOOK

                                          UNE JOURNÉE DANS LA VIE DE NORBERT

[voix sensuelle de Guy Lagache]
100% inside.
Nos reporters ont suivi pendant 24H la journée type de Norbert, lycéen en terminale **, à Stanislas, un des lycées parisiens les plus réputés de France. Ses doutes, ses angoisses, ses joies, ses peines et ses amours (cachées), tout vous sera révélé dans ce document exclusif. Reportage réalisé par Stan en Soutane. [Jingle].

8h31. Un bonjour lancé à la va vite à cette pauvre Madame Moutardier, une insulte de la part du charmant Monsieur Mazou pour corriger son attitude détestable. Norbert est en retard, pas le temps d’y mettre les formes.
Il manque de bousculer un Monsieur Chapellier au crâne poli au point qu’il est aveuglé par les rayons du soleil matinal qu’il reflète. Ènième recadrage.
Norbert est mal barré.
Mais le temps presse : petite foulées et bras souples, direction l’ascenseur des Terminales.
Bonne surprise : celui-ci fonctionne.
Mais catastrophe: il est plein à craquer.
Pour Norbert, cet obstacle est insignifiant. Il a vite fait d’extirper une jeune fille en fleur mais pas farouche pour autant afin de se faire une place. Pour notre caméraman, ce sera les escaliers [jingle dramatique]. Nous retrouvons Norbert en préfecture. Il n’a pas été accepté en classe par son professeur de philosophie. L’implacable Monsieur Jubert le sermonne sur ses retards répétés. N’habite-t-il donc pas à 600 mètres du lycée sur le boulevard du Montparnasse ? son attitude est inexcusable. Etienne Frachon, pilier de la préfecture, est adossé à la porte de sa cage de verre d’où il observe la scène avec délectation, attentif. A peine sorti, Norbert est pris à parti par le sieur précédemment cité. Clairement, le parcours est semé d’embuches pour Norbert. Humilié, il toque à la porte de sa classe. Son professeur l’accepte en cours gracieusement. L’heure se déroule sans incident notable si ce n’est l’intrusion de monsieur Philippin, joyeux compère de la préfecture, qui s’enquiert du nombre d’absents. À Stanislas, l’école buissonnière ne fait pas partie des habitudes des autochtones ; quelle que soit la réponse, il est content, et remercie l’enseignant avec effusion.
9h25 : Le professeur de philosophie, Monsieur ***** accorde une pause de deux minutes “pas plus” aux élèves. Ceux-ci en profitent pour prendre une pause café d’un quart d’heure. C’était sans compter sur Monsieur Frachon, en charge du maintien de l’ordre à l’étage. Clairement, la vocation de cette pause de deux minutes n’est pas d’entamer une vente de muffins au délicieux cœur de Nutella et clairement, il n’ouvrira pas le foyer. Le cours peut (clairement) reprendre.
10h20 : C’est l’heure de la récréation. Norbert est heureux. Il va enfin pouvoir “checker ses potes au milieu de l’aire”. Un lycéen, qu’il vienne de Paris 6ème ou de Seine-Saint-Denis, reste un lycéen. Une de ses copines, Marie-Eulalie, lui parle du dernier post de Stan en soutane, site satyrique de la vie lycéenne au sein de cette institution. Norbert rit grassement. Encore une fois, malgré son polo Vicomte Arthur rose à en faire saigner des yeux un mal voyant, il reste un lycéen de 17 ans. Le groupe d’amis s’anime autour de la composition des équipes pour financer le voyage rock’n’roll à Rio de Janeiro, aux JMJ. Obligé, Charles-Edouard n’est pas convié – il est tellement coinc’, ce gars ! Pour Stanislas et son guide spirituel, l’abbé de Maistre, c’est l’événement de l’année et l’idée d’apercevoir le nouveau pape fraîchement élu dans sa région d’origine ne fera qu’ajouter une touche caliente à cette fête totalement platonique, évidemment. Pression. Il ne faut pas se rater au risque de devenir la risée de toute la cathosphère. Frigide Barjot en tête. Tous exhibent fièrement bracelets, cocards, écharpes estampillés manif pour tous. Trop hype. Mais il est déjà l’heure de retourner en cours. Tels des lamantins sous morphine, on se traîne, on se chahute, toutes les excuses sont bonnes pour fuir le cours de langue.

[coupure pub]

De retour à Stanislas, le lieu de tous les possibles pour Norbert.

12h30 : C’est l’heure du déjeuner. Trois groupes se forment. Certains choisissent la jungle de la cantine, la promesse d’un repas équilibré ponctué d‘“avancez siouplé” en tête. D’autres enfreignent toutes les règles, grisés par la liberté. Une heure et demie dehors avec pour but ultime de quoi se sustenter rue Notre-Dame des champs. Paninis, carottes râpées Bonduelle avec une pointe de jus de citron mais pas détrempées pour autant, tous les excès sont permis pour la jeunesse dorée parisienne. Un troisième groupe enfin se forme dans les hauteurs sombres et lugubres de Ninféi. Les intouchables du foyer, prêts à batailler autour de leur unique source d’énergie, un micro-ondes brinquebalant au néon faiblard. Norbert fait partie de la deuxième catégorie et revient à Stan par le 6 vers 13h45. Une dernière épreuve l’attend avant d’entamer sa sieste digestive: l’ascenseur.
Norbert a peur.
Clairement, ce n’est pas son moment préféré.
Deux scénarii possibles: soit ces ignares de première ont cassé leur ascenseur et chercheront refuge en terres terminales. Norbert est prêt à les accueillir, armé d’une destructrice bouteille d’eau, dissimulée dans la poche intérieure de son Barbour. Soit ces connards d’internes, au cours d’une flamboyante bataille de crachats, ont encore coincé l’ascenseur de droite. Et désormais, c’est chacun pour soi, le bon Dieu pour tous. Norbert tente une incursion dans l’ascenseur de gauche. Il est violemment contré par un Monsieur Nollez remonté. C’est l’échec, la déchéance, la honte: l’escalier. La promesse d’une arrivée dégoulinante et d’une réputation mise à mal. Norbert est malheureux. Les deux heures suivantes se passent comme dans un rêve. Norbert a dormi.
15h50 : C’est la déferlante administrative. Ces voleurs de délégués réclament encore des participations financières multiples. Norbert est sûr qu’ils extorquent des fonds. Monsieur Jubert profite de cet instant d’attention des élèves pour les interpeler sur la retraite/nuit d’adoration/date buttoir APB/concert de rock catho/concours d’entrée au séminaire, distribuant à pleines mains des circulaires diverses - en préfecture, on n’a que faire de la déforestation chez ces impies d’indigènes.
17h : En cette fin de vendredi, Norbert se prépare mentalement aux dérapages en petit groupe de caté du lendemain à cause de ces prétendus esprits libres d’athées qu’il faut ramener sur le droit chemin. Pour ce faire, Norbert compte sur le pouvoir de conviction de Jean-Guillaume, un orateur né qui a pourtant choisi le médiocre Sciences Po (lieu de débauche et d’apologie de la théorie du genre), associé à la capacité de séduction d’Anne-Charlotte, joli minois en col claudine. Norbert est inquiet. Comment va-t-il trouver le temps de réviser son DST du lundi après-midi alors que sa soirée du samedi est prise par le rallye Pigeon d’Azur - sans compter le before et l’after- et son dimanche réservé à une énième manifestation pour sauver la Famille à la sortie de la messe ? Clairement, la voie de l’excellence est escarpée. Mais pour relativiser, Norbert pense « QFJAMP ? » (Que ferait Jésus à ma place ?)
Tout devient plus clair.
Norbert sourit.
Il est content.

[écran noir ; générique de fin sur une musique de Pirates des Caraïbes]

Lorraine Poupon, Ambre Fioc et Hélène Wackenheim

QUAND JUB ESPERE QU’EN ECRIVANT QUE LE YEARBOOK EST SANS CENSURE ON NE REMARQUERA PAS LES BOUTS DE PHRASES MANQUANTS ET L’ABSENCE DE NOS PAGES STAN EN SOUTANE

QUAND CERTAINS SONT INJUSTEMENT INTERDITS D’ACCES A STAN LE 5

              

QUAND CHAPS APPREND QU’IL Y A 95% DE MENTIONS B ET TB DANS LA PROMO 2013

              image

QUAND J’ESSAYE DE RENTABILISER LE PRIX DE LA SOIRÉE

                      

QUAND BAC PHILO RIME AVEC MÉTÉO APOCALYPTIQUE

SI JE LIS ENCORE UNE LIGNE DE PHILO AUJOURD’HUI …

                                         

QUAND JE FINIS DE RÉVISER UN CHAPITRE